Le génie et les industries culturelles et créatives : innover ensemble

LÉTS souhaite renforcer son rôle de partenaire technologique auprès des industries culturelles et créatives, tout en faisant de la rencontre entre les arts et le génie un moteur de recherche et d’innovation. Déjà engagée dans plusieurs collaborations avec des artistes et des organisations du milieu, elle entend maintenant mobiliser plus largement sa communauté et contribuer à structurer un corridor d’innovation entre Montréal et Paris. 

Intelligence artificielle, technologies immersives, robotique, interfaces humain-machine, acoustique, fabrication avancée : le génie occupe une place grandissante dans la création, la production et la diffusion des œuvres et des expériences culturelles. Ces transformations soulèvent toutefois des défis importants. L’adoption des technologies varie considérablement d’un secteur culturel à l’autre. Les questions de propriété intellectuelle et de souveraineté numérique prennent aussi une ampleur nouvelle. Pour expérimenter, développer et commercialiser des solutions adaptées à leurs réalités, les artistes et les organisations culturelles ont besoin de partenaires qui comprennent à la fois leur démarche et leurs enjeux technologiques. 

C’est précisément à cette rencontre entre les arts, les sciences et le génie que l’ÉTS souhaite contribuer. Si ses expertises technologiques peuvent soutenir les artistes et les organisations culturelles, leur présence au sein de ses laboratoires peut, en retour, faire émerger de nouvelles questions et ouvrir des pistes inédites pour la recherche et l’innovation en génie. 

Une ambition qui s’appuie sur des réalisations concrètes

Depuis plusieurs années, des équipes de recherche de l’ÉTS collaborent avec des artistes, des studios et des organisations culturelles. Ces projets démontrent comment le génie appliqué peut soutenir la création sans en atténuer la force expressive.

Au Pavillon du Canada de l’Expo universelle d’Osaka en 2025, l’expertise de Simon Drouin en réalité augmentée et en technologies immersives a notamment contribué à donner vie à l’univers imaginé par Robert Lepage.  La technologie devait s’effacer au profit de la narration tout en assurant une correspondance précise entre les déplacements des visiteurs et les panoramas présentés sur une tablette. 

D’autres collaborations explorent les liens entre le mouvement humain, la danse et la réalité virtuelle, notamment avec le professeur David Labbé. Les travaux menés avec des artistes nourrissent aujourd’hui des recherches susceptibles de trouver des applications en réadaptation.

Dans le domaine du cirque, les professeurs Éric Wagnac et David St-Onge ont collaboré avec Machine de Cirque et HUPR : Centre de recherche sur le potentiel humain. Leurs équipes ont travaillé à mieux comprendre les contraintes physiques imposées aux artistes et à concevoir des gréements acrobatiques fiables, sécuritaires et transportables. 

Les résidences artistiques du PIAC accueillies à l’ÉTS ont également permis à des artistes en danse, en cirque et en arts visuels d’expérimenter avec des technologies issues de la recherche. En retour, ces rencontres ouvrent de nouvelles pistes aux équipes scientifiques et favorisent des usages parfois inattendus de leurs travaux. 

Une place à prendre dans l’écosystème québécois 

Cette volonté de rapprochement s’est concrétisée en juin dernier lorsque l’ÉTS a été présentée comme partenaire stratégique d’ECLO, l’Écosystème d’innovation et de commercialisation en créativité numérique porté par la Société des arts technologiques et Zú. 

ECLO vise à rapprocher la recherche, l’expérimentation, l’innovation et la commercialisation afin d’accélérer le passage des idées créatives vers le marché. La participation de l’ÉTS permettra de mettre ses capacités en recherche appliquée, en prototypage et en transfert technologique au service de cet écosystème. 

L’ÉTS a pour ambition d’être reconnue comme un partenaire technologique capable d’aider les artistes, les studios, les institutions culturelles et les entreprises créatives à surmonter leurs obstacles technologiques et à concrétiser leurs idées. Elle souhaite également accueillir davantage de créatrices et de créateurs dans ses laboratoires afin de stimuler le dialogue entre les disciplines, de diversifier les pistes de recherche et de faire émerger de nouvelles approches en innovation technologique. 

Un pont entre Montréal et Paris 

L’ÉTS souhaite également donner une dimension internationale à cette orientation grâce à son rapprochement avec l’Institut Polytechnique de Paris, officialisé à VivaTech en juin dernier. 

Les deux établissements souhaitent intensifier leurs échanges en recherche, en innovation, en entrepreneuriat et en formation. Cette collaboration ouvre la voie à des projets réunissant leurs communautés scientifiques, étudiantes et entrepreneuriales, notamment dans des domaines étroitement liés aux industries culturelles et créatives. 

Ainsi, le centre SPIRAL d’IP Paris – Sciences, Publics, Imaginations, Recherches, Arts, tous Liés! offre à cet égard un terrain de collaboration particulièrement prometteur. Son approche interdisciplinaire favorise les rencontres entre les sciences, les arts, les publics et les imaginaires. 

 À terme, ces liens pourraient mener à la mise en œuvre d’un corridor franco-québécois de recherche-création et d’innovation reliant Montréal et Paris. Fondé sur le maillage entre les arts, le génie et les sciences, ce corridor permettrait de conjuguer les forces de l’ÉTS et d’IP Paris avec celles des écosystèmes créatifs québécois et français. 

Mobiliser les expertises de l’ÉTS 

Près de 40 professeures et professeurs de l’ÉTS s’intéressent au secteur des industries culturelles et créatives et possèdent des expertises susceptibles de répondre à ses enjeux. Plusieurs sont déjà actifs dans ce domaine, tandis que d’autres souhaitent y explorer de nouveaux terrains de recherche, d’expérimentation et de partenariat. 

Pour la communauté de la recherche en génie, la collaboration avec des artistes ouvre un espace d’exploration plus libre, propice à l’expérimentation et à l’émergence d’usages inattendus des technologies. En invitant les équipes à sortir des cadres habituels, elle contribue à élargir le champ des possibles et à faire naître de nouvelles questions de recherche. 

Pour les étudiantes et étudiants, ces collaborations offrent des expériences peu conventionnelles en ingénierie, à la croisée des arts, des sciences et du génie. Elles les amènent à porter un regard différent sur les technologies avec lesquelles ils travaillent, sur leurs usages possibles et sur leurs effets dans la société. Elles contribuent ainsi à former une relève attentive aux impacts sociaux des innovations, aux enjeux liés à leur acceptabilité sociale et aux réalités humaines à prendre en compte dans la conception de systèmes humain-machine. 

Au cours des prochains mois, plusieurs initiatives telles que l’école d’été « Useful fictions » à l’été 2027 et une prochaine annonce de collaboration avec un regroupement professionnel important du secteur des ICC québécoises, permettront de mieux faire connaître ces expertises et les collaborations déjà réalisées. Elles viseront aussi à favoriser de nouveaux maillages entre les équipes de recherche de l’ÉTS et les milieux de la culture et de la créativité numérique. 

L’ambition est claire.Faire de la rencontre entre le génie et les industries culturelles et créatives un moteur d’innovation réciproque. En contribuant à transformer les idées les plus audacieuses en solutions concrètes, l’ÉTS souhaite aussi enrichir ses pratiques de recherche et repenser, avec ses partenaires, la manière de concevoir et d’exercer le génie et la R&D en ingénierie. 

Secrétariat général et Direction exécutive de l’engagement organisationnel